02 juillet 2013

Mes spontanéités (17)

L'amour s'éloigne et curieusement grossit de plus en plus

comme si mes yeux grands ouverts s'amusaient à m'induire en erreur

mais je sais que le réel ne peut plus échapper aux fulgurances.

 

Le sol rougit frappé par le sang puant de la honte

alors que les meurtres puérils et barbares ne cessent de s'amasser

ne donnant aucun sursis à l'avènement du réel.

 

Le volume de mon crâne prend des proportions énormes et drôles

et comme il est sur le point de s'éparpiller hurlant à mes pieds

je me baisse pour cueillir les miettes éparses de ma poésie.

 

Dans l'eau boueuse les idées pullulent comme de la vermine

et parcourent mon corps tout en suçant mon sang de poète malade

en proie à la confusion des images et à l'inertie.

 

Dans le cosmos on pourra entendre comme des sons inédits

et si sonores qu'on les croira voisins de notre déchéance

mais ils s'éteindront très vite car leur émission aura été vaine.

 

Sous la froide humidité le corps subitement vieux se tasse

et la vie grimaçante ne fait plus que feindre d'avancer

dans un décor si fragile qu'on pourrait le démolir seulement avec le regard.

 

La violence sournoise se dissimule pour mieux nous saisir à la gorge

au moment où la fatigue spirituelle s'assoit comme chez elle

dans l'espace mortifère qui rétrécit à mon grand effroi.

 

Me voilà libéré enfin de mon angoisse natale

et reviennent à ma vie les pensées de mon corps diaphane

qu'éveille l'heureuse indifférence à l'épaisse substance.

 

Il ne faut pas attendre que la vie blessée nous déteste

avec la cruauté hilare et vengeresse qu'on lui connaît tous

mais on se doit d'accélérer l'allure effrénée de l'esprit.

 

Des symboles blancs et noirs géométriques et tapageurs

se dilatent dans une fragrance qui ne m'est plus inconnue

et mon sommeil plane au-dessus des cadavres décomposés.

 

Dès lors que les sanglots des chagrins maudits sont inaudibles

et que la haine bouffonne et délétère se dissout dans ma parole

je peux me regarder dans les contours possibles de ma poésie.

 

Le jeu des flammes comble mon lieu de prédilection

où je foule pour la première fois la topographie de mes songes

avec le petit rire d'enfant inventeur qui devance le temps.

 

Évoluant dans un entrelacs architectural qui nie la mort

je suis l'animal ondulant dans son élément naturel

et divaguant avec la nouveauté de mes mots permutés.

 

Posté par Callahan à 16:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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