28 juin 2013

Mes spontanéités (16)

Lorsque sous les éruptions solaires je sors de l'aveuglant sommeil

je ressens avec tant de violence le ralentissement de la vie

que je revois l'enfant périmé courir de nouveau.

 

Cette route pentue mène fatalement au lac de diamants

et à ce terrain hérissé de pierres archéologiques

dont je ne pouvais plus admettre l'existence théorique.

 

Ma main heureuse traverse mon autre main cristalline

et la tiédeur généreuse qui s'instaure dans mon corps sain

marque le début de la création novatrice et folle.

 

Ces personnages utopiques marchent au ralenti et à reculons

faisant silence derrière cette vitrine que j'ai façonnée

en créateur bienheureux et perpétuel de mirages tangibles.

 

La marque du divin s'enfonce petit à petit dans la terre humide

mais je m'arrête sous la pluie battante et inespérée

qui étouffe tout désir grandissant d'annihilation.

 

Le retour à la vie initie désormais le nouveau regard

et la croyance en la régénération des corps insanes

prend l'exacte mesure de l'ampleur de mon écriture.

 

Le ciel blanc haut et léger va participer bientôt

de la quiétude qui comprendra le cercle de mes mondes

et ce moment-là toutes les formules de l'avenir deviendront probables.

 

Les yeux glissent sur les joues d'enfant comme des larmes

et creusent le visage à la fois sombre et blafard qui s'allonge

comme si la vie délirante ne pouvait plus que me faire souffrir.

 

L'esprit peut s'appesantir chaque fois qu'il marque un progrès

et pénètre sans vraiment le désirer dans une ancienne nécropole

sous laquelle la plaine des défunts lutte contre son extinction.

 

L'oreille posée sur une musique douce et répétitive

ma mémoire amère se perd dans mes chuchotements

qui ne sont autres que les prémices du changement de ma matière.

 

Les bornes ont fondu dans la fusion de mes étoiles naissantes

mais déjà hier je cultivais le mépris légitime des limites

que m'imposait l'ancien monde conventionnel et assassin.

 

Un début de sourire embellit cette aurore que je méconnaissais

et que me communique maintenant mon extase languide

donnant enfin de la consistance à chacun de mes mots les plus simples.

 

Je me suis reculé doucement et traversant la muraille

qui m'enfermait comme une punition dans le monde parodique

je peux voir les contours de mon double manipuler la poésie.

 

Posté par Callahan à 15:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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