08 septembre 2013

Mes spontanéités (20)

J'ai su que je quittais enfin la pesanteur et l'ignominie

les rires et les effluves de la réalité invivable et autoritaire

le jour où la vision débile des spectres risibles s'estompa.

 

Les longues distances ne sont jamais pénibles à parcourir

quand la foi qui soulève les songes humecte mes lèvres

et que je peux enfin sans m'épuiser narrer ma félicité.

 

L'animal qui se croyait mourant se lovait dans son tourment

car il ne voyait pas la lueur de sa nouvelle naissance

à travers les yeux de ses compagnons de la nuit torride.

 

La solitude n'existe que dans l'esprit en proie aux fantômes

qui évoluent dans les ténèbres définitives qu'il a créées

pour éteindre la naissance des astres songeurs.

 

Le sens est rétif à son éclosion depuis que les mots font défaut

et c'est pour cette raison que le corps se plie en deux

comme s'il riait alors que le lever du jour cruel est imminent.

 

La certitude d'être loin de la terre antique et aride

habite ma cervelle ouverte à cette musique libératrice

dont la proximité sentimentale va devenir brûlante.

 

C'est avec une grande volupté que tout à l'heure

j'écrasais ces fleurs qui poussaient dans un champ fertile

en ordures cosmiques balayées par le souffle de mon dédain.

 

Il faut croire alors en la renaissance de la pensée divagante

puisque désormais l'esprit ne veut plus connaître la limite

et que la poésie joue à déformer l'espace et le temps.

 

La gravité du souvenir alourdit l'allure du temps serein

et durcit mon cœur qui refroidit comme le marbre de l'enfance

tandis que l'atmosphère écrasante comprime le décor.

 

La beauté d'une phrase finit toujours par l'emporter

car l'esprit imbibé continue heureux de s'enivrer

préférant le nectar et les effluves capiteux du lendemain.

 

Dans la lutte à mort on redevient enfin soi-même

et on oublie ce corps décharné qui perdait son odeur de sainteté

les segments de l'âme démembrée regagnant leur vraie place.

 

Un jour me voyant courbé par une grande douleur

j'ai su à ce moment-là qu'il me fallait anéantir au plus vite

ce silence de la conscience qui tendait à m'affaiblir de jour en jour.

 

Partout et dans mon oeuvre la vie se mettra à grouiller

car j'aurai acquis une telle joie dans la force créatrice

que je ferai l'expérience de la substance démentielle.

 

Posté par Callahan à 17:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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