21 juin 2013

Mes spontanéités (15)

Un arc-en-ciel se fermait au-dessus des toits ondulant

et en extase devant ce prodige produit par la chimie céleste

j'arrêtais ma course effrénée car la peur aurait pu avoir raison de moi.

 

Les lumières s'emparaient de mes ténèbres et je les avalais

comme des friandises les yeux grands ouverts apaisé

tandis que le silence infaillible absorbait lentement ma panique.

 

L'idée d'angoisse remontait petit à petit à la surface

et mes gestes désordonnés trahissaient la torture du nouveau jour

après une nuit brève peuplée des entités de la vie ennemie.

 

La main à la gorge et sentant ma pensée se raidir

je balance ma tête posée sur une surface de pierre

et je vois mes lèvres tomber sous le poids de ma répulsion.

 

Des miettes de réalité courent autour de mes pieds

comme des insectes sordides au gros ventre rassasié

mais les méprisant je poursuis le poème du bonheur.

 

Collé au mur je le gravis comme une araignée phosphorescente

qui sait pertinemment qu'elle va atteindre le lieu rê

où les astres se divisent pour elle en générations éternelles.

 

Même si l'attente est rude et que la chaleur devient torride

le vent essentiel à l'harmonie des formes de ma nature inviolée

commence à respirer sur la machine intime de ma liberté.

 

Les différents éléments de ce jardin désert et blanchâtre

disparaissent un à un de même que les animaux marrons

qui n'ont déjà même plus la force d'affirmer leurs crocs.

 

Les voix électroniques de la nuit mauve ont pris place

parmi la douceur de la vie nocturne et chaleureuse

et les halètements de l'amour qui ne se termine pas.

 

La sueur coule sur mes tempes comme un souvenir précis

qui me revient après un grand moment de quiétude

et je m'allonge avec mes idéaux antiques vaporisés.

 

Je n'adhère plus à ces surfaces de pierre qui geignaient

à chacun de mes pas comme dans un mauvais rêve

où l'horizon faussement lointain se déchirait comme du papier.

 

Les questions sont obsolètes et j'entends sourdre

la rivière de larmes gazeuse à laquelle s'abreuvaient

les chimères hideuses qui se riaient de mes infirmités.

 

La vie tremblante et cruelle veut écraser toute velléité de mouvement

et toute aurore encore inexplorée mais lorsque j'ouvre les yeux

le panorama sautillant comme une vieille image fond au gris. 

Posté par Callahan à 17:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Mes spontanéités (15)

Nouveau commentaire